AGI - En déplacement à Beyrouth, hier le ministre italien des affaires étrangères, Antonio Tajani, a réaffirmé le soutien de Rome au Liban tout en tentant de se positionner comme acteur du dialogue dans un contexte régional marqué par une forte instabilité. La visite intervient alors que les tensions persistent entre Israël et le Hezbollah et que les dynamiques liées à la crise iranienne continuent d’influencer l’ensemble du Moyen-Orient.
Reçu au palais présidentiel de Baabda par le chef de l’État libanais, Joseph Aoun, le chef de la diplomatie italienne a insisté sur la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle du pays. "Nous voulons la stabilité du Liban et nous continuerons à travailler pour renforcer ses institutions", a-t-il déclaré, mettant en avant le rôle des forces armées libanaises comme pilier de cet équilibre. Rome entend poursuivre ses efforts de formation et de soutien aux forces de sécurité, dans un contexte où la question du contrôle territorial reste centrale.
Prise de position politique et réactions
La visite a également été marquée par une prise de position politique plus directe. Depuis Beyrouth, Antonio Tajani a qualifié "d’inacceptables" les frappes israéliennes visant des zones civiles, une déclaration qui a suscité une réaction immédiate d’Israël. Le ministère israélien des affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Italie à Tel-Aviv, Luca Ferrari, afin d’exprimer une protestation officielle. Cet épisode illustre les marges étroites dans lesquelles évolue la diplomatie italienne, entre solidarité avec ses partenaires et volonté de préserver un canal de dialogue ouvert avec toutes les parties.
Rôle de médiation et contacts diplomatiques
Dans ce cadre, Rome cherche à jouer un rôle de médiation. Le ministre italien a évoqué la possibilité d’accueillir sur son territoire des négociations entre Israël et le Liban, alors que des discussions sont attendues à Washington. "Il est important que des contacts directs puissent avoir lieu", a-t-il souligné, tout en indiquant avoir échangé avec son homologue israélien pour encourager une désescalade.
Engagement militaire italien au Liban
Parallèlement, l’Italie maintient un engagement militaire significatif au Liban, qui constitue l’un des axes structurants de sa présence dans la région. Antonio Tajani a rencontré le contingent italien déployé dans le cadre de la mission bilatérale (Mibil) et du mécanisme de coordination militaire (Mtc4l), et s’est entretenu par visioconférence avec les forces italiennes engagées au sein de la mission des Nations unies au Liban, Unifil.
Situation opérationnelle et mandat de l’Unifil
Sur le terrain, la situation reste fluide. Le commandant de la mission, le général Diodato Abagnara, a évoqué un "environnement opérationnel dynamique", marqué par des contacts réguliers avec les forces israéliennes afin d’éviter toute escalade. Le mandat des Casques bleus, fondé sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité, repose sur l’observation des violations, la protection des civils et le soutien aux opérations humanitaires.
Aide humanitaire et coopération
Au-delà de la dimension sécuritaire, la visite de Tajani s’inscrit également dans un cadre humanitaire et de coopération. L’Italie a mobilisé une enveloppe d’urgence de 10 millions d’euros et acheminé plus de 40 tonnes d’aide depuis sa base logistique de Brindisi. Rome entend poursuivre cet engagement, notamment dans les secteurs agricole et de la reconstruction, en coordination avec les agences des Nations unies.
Position italienne dans un contexte incertain
Dans un contexte régional marqué par l’incertitude, la position italienne repose sur une combinaison d’outils diplomatiques, militaires et humanitaires, avec l’objectif de maintenir un rôle actif sans s’inscrire dans une logique d’escalade.