AGI - La situation humanitaire au Soudan est de plus en plus critique. Le pays est le théâtre d'une guerre civile sanglante depuis avril 2023, qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 11 millions de déplacés. Selon la dernière enquête nutritionnelle publiée par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), plus de la moitié des enfants du Nord-Darfour – épicentre de la crise – souffrent de malnutrition sévère, et un enfant sur six est atteint de malnutrition aiguë sévère, une affection potentiellement mortelle qui peut entraîner la mort d'un enfant en quelques semaines sans traitement.
L'enquête nutritionnelle SMART (Standardized Monitoring and Assessment of Relief and Transitions), menée du 19 au 23 décembre auprès de près de 500 enfants, a révélé un taux global de malnutrition aiguë (GAM) de 53%, dont 18 % souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS) et 35% de malnutrition aiguë modérée (MAM). Il s'agit de l'un des taux de malnutrition les plus élevés jamais enregistrés dans le monde lors d'une enquête nutritionnelle standardisée, et plus de trois fois supérieur au seuil d'urgence de 15% fixé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le Nord-Darfour demeure l'épicentre de la crise de malnutrition au Soudan. Près de 85.000 enfants souffrant de malnutrition sévère ont eu accès à un traitement dans cet État au cours du seul mois de novembre. Selon l'UNICEF, le taux de mortalité global a atteint des niveaux critiques, faisant peser un risque immédiat et mortel sur les enfants.
De nombreux habitants de la ville sont des familles déplacées qui ont fui l'escalade des combats à El Fasher fin octobre. Nombre de ces enfants n'ont pas été vaccinés contre la rougeole ni contre d'autres maladies évitables par la vaccination, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Cette crise se déroule dans un contexte d'insécurité croissante, qui a fortement limité l'accès humanitaire et retardé l'aide vitale. Les combats en cours dans la région entraînent des retards fatals dans l'extension des services humanitaires dont le pays a un besoin urgent. L’UNICEF a prépositionné des fournitures vitales telles que des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), mais compte tenu de l’ampleur de la crise, des services de santé et de nutrition complets sont nécessaires de toute urgence.
L’Italie figure parmi les pays en première ligne de la réponse humanitaire à la crise au Soudan. Le 24 décembre, à la veille de Noël, un avion a décollé de Rome avec une première cargaison de 25 tonnes d’aides destinées à 2.500 élèves des écoles pour enfants de familles déplacées gérées par la paroisse de Port-Soudan, dans le cadre de l’initiative "L’Italie pour le Soudan". Ce programme d’assistance, lancé par le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, s’inscrit dans une intervention plus vaste et structurée, qui prévoit d’autres envois d’aides par voie maritime au cours de l’année à venir vers les 53 camps de personnes déplacées de la ville et de ses environs, qui abriteraient plus de 20.000 personnes.
Le vol humanitaire, parti de Rome Fiumicino avec le soutien logistique du Dépôt de réponse humanitaire des Nations Unies (UNHRD) à Brindisi, est arrivé à Port-Soudan le jour de Noël. Il transportait environ 25 tonnes d'aides, réparties sur 32 palettes de denrées alimentaires, notamment des pâtes, de la farine, du sucre, du lait en poudre, des légumineuses et une palette de matériel sportif (uniformes et ballons), principalement destinées aux enfants des communautés réfugiées de Port-Soudan et à leurs familles. Ont contribué à cet envoi les entreprises Pancrazio, Nobile, Sieralat, Ventigrani, Solania, Piccolo, Mulino Caputo, Rummo, La Torrente, Petti, Di Martino et la Fédération italienne de football (FIGC). À son arrivée à Port-Soudan, l'avion a été accueilli par l'ambassadeur d'Italie à Khartoum, Michele Tommasi, et le conseiller du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), Marco Malizia. Cette initiative complète de façon cohérente l'engagement humanitaire de l'Italie au Soudan, d'une valeur totale d'environ 125 millions d'euros, répartis en trois piliers stratégiques: la santé et la sécurité alimentaire; l'agriculture et la lutte contre la pauvreté; la protection sociale et l'inclusion.