Un plat aux multiples traditions régionales
La démonstration, organisée au sein de l’espace algérien, a permis de présenter les différentes étapes de préparation et la diversité des ingrédients utilisés selon les régions.
À partir d’une base commune — la semoule de blé dur travaillée et cuite à la vapeur — les recettes varient considérablement d’une partie du pays à l’autre, avec des légumes, des viandes, des légumineuses ou des condiments qui reflètent aussi bien les habitudes alimentaires que les conditions agricoles et climatiques locales.
Cette diversité explique en partie la place particulière qu’occupe le couscous dans les sociétés du Maghreb. Il ne s’agit pas seulement d’un plat quotidien ou festif, mais aussi d’une pratique sociale, dont la préparation reste associée aux repas familiaux, aux célébrations et aux moments de partage.
Un patrimoine culturel immatériel reconnu par l’Unesco
En 2020, les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous ont été inscrits par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, à la suite d’une candidature commune de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie.
À Rome, cette reconnaissance prenait une signification particulière. Dans un salon consacré au passage "des semences aux aliments", le couscous rappelle que l’alimentation se trouve au croisement de plusieurs dimensions : agriculture, transformation, patrimoine, identité et sécurité alimentaire.
Le blé dur dont il est issu renvoie directement aux questions de production céréalière, de gestion de l’eau et de résilience agricole, qui occupent aujourd’hui une place croissante dans les politiques des pays méditerranéens.
La gastronomie comme outil de diplomatie
Pour l’Algérie, la gastronomie devient ainsi également un outil de représentation internationale. Dans les grandes enceintes multilatérales, la diplomatie alimentaire permet de présenter un pays autrement qu’à travers ses indicateurs économiques ou ses positions politiques.
Le produit local, la recette et le geste culinaire racontent une société et peuvent offrir une image immédiatement accessible à un public étranger.
La participation algérienne s’inscrit en outre dans une tendance plus large : celle de pays qui mobilisent de plus en plus leur patrimoine gastronomique comme instrument de rayonnement culturel.
Le couscous, entre identité nationale et patrimoine partagé
Dans ce registre, le couscous dispose d’un avantage particulier. Il est à la fois profondément enraciné dans les traditions nationales et partagé à l’échelle du Maghreb, ce qui en fait simultanément un marqueur d’identité et un langage commun entre plusieurs sociétés nord-africaines.
À Rome, le succès du stand algérien auprès des visiteurs, des délégations et des représentants institutionnels a montré à quel point cette dimension reste immédiatement perceptible.
Derrière un plat apparemment simple se trouvent des techniques, des produits agricoles, des mémoires familiales et des variations régionales. Le couscous devient ainsi moins une curiosité gastronomique qu’une manière de raconter l’Algérie à travers ce qu’elle produit, cuisine et transmet.