AGI - Les gouvernements du Kenya et de l’Italie ont signé le 2 juillet à Nairobi un protocole d’accord sur les migrations et la mobilité, marquant une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays. Selon un communiqué conjoint publié par le gouvernement kényan, l’accord a été signé par le ministre kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora, Musalia Mudavadi, et le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, en présence de hauts responsables des deux gouvernements.
Promouvoir une migration ordonnée et régulière
Le protocole d’accord établit un cadre de coopération intergouvernementale dans les domaines de la migration régulière de main-d’œuvre, du développement des compétences et de la protection des travailleurs migrants. L’objectif commun est de promouvoir une migration sûre, ordonnée, régulière et éthique, tout en renforçant la coopération en matière de formation professionnelle et linguistique afin de faciliter l’accès à des voies légales d’entrée et d’emploi.
Le texte prévoit également un renforcement de la coopération en matière de prévention et de lutte contre la migration irrégulière, notamment par le biais de campagnes de sensibilisation destinées aux citoyens kényans sur les risques liés aux parcours migratoires irréguliers et sur la promotion de choix migratoires éclairés et sûrs.
Relance des relations bilatérales
Cet accord s’inscrit dans la dynamique de relance des relations bilatérales entre Nairobi et Rome, consolidée à la suite de la visite officielle du président kényan William Ruto en Italie en avril 2026. Il renforce également la coopération dans le cadre du Partenariat pour le développement durable Kenya–Italie (2023-2027) et s’inscrit dans le Plan Mattei pour l’Afrique promu par l’Italie.
Selon les dispositions prévues, le protocole d’accord devrait contribuer à élargir les possibilités d’emploi régulier pour les citoyens kényans, à renforcer la protection des travailleurs, à favoriser les échanges de compétences et à soutenir le développement national, tout en répondant aux besoins du marché du travail italien dans des secteurs clés.
Une étroite collaboration institutionnelle
Les deux parties ont également réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération en matière de retour des personnes en situation irrégulière, en privilégiant, lorsque cela est possible, le retour volontaire et en garantissant une coordination efficace dans le respect des législations nationales respectives.
La mise en œuvre de l’accord reposera sur une étroite collaboration institutionnelle, une adéquation efficace entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail, ainsi qu’un soutien approprié en matière de formation linguistique et professionnelle.
Une nouvelle phase de la coopération
La signature de ce protocole d’accord ouvre ainsi une nouvelle phase de la coopération entre le Kenya et l’Italie, fondée sur le respect mutuel, des opportunités partagées, la dignité humaine et une vision de la migration orientée vers le développement.
Selon le ministère italien de l’Intérieur, la signature du protocole d’accord s’accompagne également de celle d’une lettre d’intention signée par Matteo Piantedosi et le ministre kényan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen. Cette lettre d’intention, précise le ministère, ouvre la voie à la signature d’un accord bilatéral de coopération en matière de sécurité, tandis que le protocole d’accord renforce la collaboration entre les deux pays sur la gestion des flux migratoires, la prévention de l’immigration irrégulière et les retours.
Un partenaire stratégique
"Le Kenya est un partenaire stratégique pour l’Italie. Les résultats de cette mission confirment notre volonté commune de renforcer une coopération fondée sur la sécurité, une gestion ordonnée des flux migratoires et des retours, tout en développant des voies d’entrée légales", a déclaré le ministre Piantedosi à l’issue de sa mission.
Au cours de sa visite au Kenya, le ministre Piantedosi a également rencontré l’inspecteur général de la Police nationale du Kenya, Douglas Kanja Kirocho, afin d’approfondir la coopération opérationnelle entre les forces de police des deux pays, notamment dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants et la traite des êtres humains.