AGI - L’Africa Finance Corporation (AFC), l’une des principales institutions africaines de financement des infrastructures, a signé à Rome une série d’accords avec des partenaires italiens afin de renforcer la coopération économique entre l’Italie et l’Afrique et de transformer les opportunités d’investissement en projets concrets. Ces accords ont été conclus lors du Forum d’affaires AFC–Italie qui s'est tenu le 17 juin: une rencontre qui a réuni des représentants institutionnels, des investisseurs, des entreprises et des organismes financiers dans le but de soutenir les objectifs du Plan Mattei pour l’Afrique grâce à de nouveaux instruments de financement, de partage des risques et de développement industriel.
Les accords impliquent la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), SACE, Confindustria Assafrica & Mediterraneo et Imagro S.p.A. et visent à créer un cadre de coopération dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, des matières premières critiques, des corridors commerciaux, de l’industrie manufacturière et de la participation du secteur privé.
Plus précisément, la collaboration avec la CDP prévoit l’exploration de nouveaux mécanismes de cofinancement, des initiatives de préparation de projets ainsi que le soutien aux entreprises africaines et italiennes souhaitant opérer dans des secteurs stratégiques. Cet accord s’appuie sur un partenariat déjà engagé ces dernières années: la CDP a mis à disposition de l’AFC des lignes de financement d’environ 400 millions d’euros, dont un prêt de 250 millions d’euros en 2025, bénéficiant d’une garantie de 80% de la part de SACE. SACE, l’agence italienne de crédit à l’exportation, jouera un rôle central. Elle collaborera avec l’AFC à travers des garanties, des instruments de réduction des risques et des mécanismes de soutien aux entreprises italiennes impliquées dans des projets africains.
L’objectif est de faciliter la participation des entreprises italiennes à de grandes initiatives dans les secteurs de l’énergie, des transports, des infrastructures industrielles et des chaînes de valeur liées aux matières premières critiques. L’accord avec Confindustria Assafrica & Mediterraneo vise quant à lui à renforcer les liens entre les entreprises italiennes et les promoteurs de projets africains grâce à des missions entrepreneuriales, des initiatives de mise en relation et des activités de promotion des investissements.
Secteurs stratégiques et corridor de Lobito
Les nouveaux accords se concentreront sur des secteurs considérés comme stratégiques pour le développement du continent: énergie et énergies renouvelables, transports et logistique, infrastructures numériques, industrie lourde, fabrication, agriculture, sécurité alimentaire et exploitation durable des ressources naturelles. Une attention particulière sera accordée au corridor de Lobito, l’un des principaux projets d’infrastructures africains, qui relie les zones minières d’Afrique centrale aux marchés internationaux grâce à un réseau ferroviaire et logistique stratégique.
Lorenzo Ortona, coordinateur national adjoint du Plan Mattei, a présenté la collaboration avec l’AFC comme un exemple concret de l’esprit du plan italien, fondé sur un partenariat d’égal à égal avec les pays africains et sur des projets capables de générer des bénéfices partagés. De son côté, le président-directeur général de l’AFC, Samaila Zubairu, a souligné que la combinaison entre l’expérience de l’AFC dans le développement de projets d’infrastructures et les capacités financières et industrielles italiennes pouvait contribuer à transformer les opportunités du continent en investissements durables.
Rôle de la CDP et de SACE
Selon Giovanni Gorno Tempini, président de la CDP, les accords représentent "une étape importante vers une nouvelle phase du partenariat entre l’Italie et l’Afrique", conformément à l’approche promue par le Plan Mattei pour l’Afrique, fondée sur une coopération de long terme et des intérêts communs. "La nouvelle phase introduite par le Plan Mattei vise une collaboration mutuellement bénéfique, basée sur des priorités communes et un développement industriel", a déclaré Gorno Tempini, soulignant qu’en tant qu’institution nationale italienne de promotion et institution de financement du développement, la CDP joue un rôle central pour transformer cette vision en programmes d’investissement concrets, en mobilisant des ressources financières et des outils de soutien à la croissance du continent.
Michele Pignotti, directeur général de SACE, a mis en avant le rôle croissant de l’agence italienne sur le continent: "SACE est la principale agence de crédit à l’exportation pour les nouveaux engagements en Afrique, avec plus de 6,4 milliards d’euros mobilisés sur le continent depuis le lancement du Plan Mattei", a-t-il déclaré. Selon Pignotti, la coopération avec l’AFC sera essentielle pour "libérer le potentiel des échanges commerciaux et des investissements entre l’Italie et l’Afrique". "Ensemble, nous voulons favoriser la présence des entreprises italiennes dans les projets les plus stratégiques du continent, des corridors de transport aux infrastructures énergétiques, du développement industriel aux chaînes de valeur des matières premières critiques", a-t-il ajouté.
Collaboration avec l’industrie italienne
Commentant l’accord entre l’Africa Finance Corporation et Confindustria Assafrica & Mediterraneo, le président de l’organisation, Enrico Maria Bagnasco, a déclaré que cette collaboration "représente une opportunité pour soutenir une présence italienne plus forte et plus efficace en Afrique".
"Le mémorandum signé aujourd’hui donne une base plus structurée à la coopération et peut renforcer le lien entre l’AFC et l’industrie italienne, en ouvrant de nouvelles opportunités de projets et en favorisant l’implication des entreprises italiennes dans le développement des infrastructures africaines", a-t-il affirmé. Avec 48 pays membres et plus de 19 milliards de dollars investis dans 36 pays africains depuis sa création en 2007, l’AFC cherche à consolider son rôle de partenaire financier du continent, en favorisant des infrastructures plus résilientes et une meilleure intégration industrielle de l’Afrique dans les marchés mondiaux.