AGI - Au Maroc, à Essaouira, la quatrième édition de “La Dolce Vita à Mogador” s’impose comme l’un des rendez-vous les plus emblématiques de la coopération culturelle entre le pays du Maghreb et l’Italie. Organisé du 15 au 18 avril, le festival a confirmé le rôle croissant de la culture comme instrument de dialogue dans les relations bilatérales, dans un contexte méditerranéen souvent dominé par les enjeux politiques et sécuritaires.
La présence de l'Ambassadeur Italien Salzano
Présent à l’événement, l’ambassadeur d’Italie au Maroc, Pasquale Salzano, a insisté sur la portée du festival, qui dépasse le cadre d’une simple programmation cinématographique. “Il s’agit d’un espace de rencontre entre le cinéma italien et le public marocain, mais aussi avec les étudiants et les professionnels du secteur, au sein d’une communauté culturelle ouverte au dialogue entre les deux rives de la Méditerranée”, a-t-il déclaré. Selon lui, cette initiative permet à des univers culturels différents de “se reconnaître, dialoguer et s’enrichir mutuellement”.
L'ambition éducative du festival
Au cœur du projet figure une ambition éducative affirmée. Le festival accorde une place importante aux jeunes publics, aux écoles et aux dispositifs de formation, dans une logique de transmission et d’ouverture. “Ces initiatives contribuent à construire dans le temps une relation plus profonde entre l’Italie et le Maroc, fondée sur la connaissance, la curiosité et le respect”, a souligné le diplomate. Dans une région souvent associée aux tensions migratoires et aux fractures géopolitiques, “La Dolce Vita à Mogador” propose une autre lecture de l’espace méditerranéen, centrée sur la créativité, la circulation des idées et les imaginaires partagés. Essaouira, ville historiquement liée au cinéma, constitue un cadre particulièrement symbolique pour cette approche.
Un héritage cinématographique et un pont culturel
Le conseiller royal André Azoulay a rappelé que la cité a servi de décor à de nombreuses productions internationales. Il a notamment évoqué le film “Otello” d’Orson Welles, tourné en grande partie dans la médina et récompensé par la Palme d’or à Cannes. “C’était, d’une certaine manière, la Palme d’or d’Essaouira”, a-t-il affirmé, invitant les créateurs à s’inspirer de “l’esprit de Mogador, fait de couleurs, de mystère et de lumière”. La dimension de pont culturel revendiquée par les organisateurs est également mise en avant par la directrice artistique du festival, Laura Delli Colli. “Associer le cinéma italien à une ville aussi emblématique était, dès le départ, un défi passionnant”, a-t-elle expliqué, soulignant la croissance progressive de la manifestation et son ancrage dans le paysage culturel local.
Des passerelles artistiques et une diplomatie culturelle
Les artistes présents insistent eux aussi sur la capacité du festival à créer des passerelles. Le réalisateur marocain Driss Roukhe a décrit l’événement comme “une preuve vivante” du rôle de l’art dans le rapprochement des cultures, tandis que l’actrice Amal El Atrache a mis en avant les liens profonds entre les sociétés des deux rives, nourris par une appartenance commune à l’espace méditerranéen. L’édition 2026 propose une programmation diversifiée, mêlant films italiens contemporains, documentaires et productions marocaines. Elle s’accompagne de masterclasses et de rencontres professionnelles destinées à encourager les échanges et à poser les bases de futures coproductions. Dans cette perspective, le festival s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie culturelle, où le cinéma devient un vecteur d’influence, de dialogue et de projection internationale.