AGI - Un consortium d’entreprises de la région des Abruzzes, regroupées au sein de la joint venture "Jv Almacis", est à l’origine d’un projet agricole au Kenya qui, après dix ans de présence sur le territoire, s’est développé en créant des emplois et en améliorant les infrastructures. L’initiative est née de la volonté d’internationalisation d’une entreprise moyenne abruzzese, devenant au fil des années un exemple de coopération : le projet a été reconnu comme best practice, au point d’être l’une des seules deux initiatives du secteur privé invitées à la 9? édition de l’Italie Africa Business Week à Rome.
Une experience "un peu aventureuse"
À la tête de cette initiative en Afrique se trouve Piergiorgio Di Carmine, originaire de Pescara, qui décrit une expérience débutée "de manière un peu aventureuse" et devenue un exemple positif de la capacité à allier business et développement social. Le projet visait à installer un système d’irrigation sur environ 500 hectares dans la région de West Pokot, dans l’ouest du Kenya : aujourd'hui, grâce à un accord avec Eni pour la production de biocarburants, l’entreprise participe à un projet impliquant 40 000 agriculteurs et la création de plus de 400 emplois.
Le système d’irrigation initial n’a été que le premier pas d’un projet plus vaste visant à transformer l’agriculture rurale locale en activité entrepreneuriale, intégrant désormais la digitalisation. Dans le cadre du projet, le consortium a développé deux applications numériques, déjà disponibles sur Google Play : Kilimo Mkononi et Coffee Core. Elles aident les agriculteurs à mieux gérer leurs cultures, à utiliser correctement engrais et pesticides, à suivre les coûts et revenus, et à accéder à des prévisions de marché pour planifier leurs activités.
L’application Kilimo dispose également d’une version Education, destinée aux étudiants pour les sensibiliser à l’agriculture 2.0 et montrer que ce secteur peut offrir des emplois dignes et innovants. Ces applications sont le fruit des données et de l’expérience accumulées sur le terrain par Jv Almacis au fil des années. Parallèlement, une collaboration a été mise en place avec la Moi University pour former de jeunes ingénieurs locaux et développer des programmes de formation technique.
Nouvelles opportunités d’emplois
Au départ, les agriculteurs pratiquaient principalement le troc et cultivaient pour leur consommation familiale. Des analyses de sols et des études de marché ont permis d’identifier des cultures durables et des débouchés. Le système d’irrigation a été conçu de manière innovante : les agriculteurs ont financé 50?% du coût de l’installation via un prêt, alimenté par une pompe reliée à un mini-réseau photovoltaïque utilisant l’eau d’un cours d’eau communautaire.
Avant le début des cultures, les agriculteurs ont reçu une formation aux techniques agricoles efficaces. Au fil du temps, les agriculteurs se sont organisés en Kiptolelyo Self Help Group, transformant la communauté en une véritable unité productive. Lors du premier cycle agricole, ils ont principalement cultivé des haricots, choisis pour leur coût réduit et leur maturation rapide. La récolte a ensuite été vendue via une enchère organisée par le groupe, marquant le passage de l’agriculture de subsistance à une activité commerciale. La collaboration avec Eni s’est aujourd’hui étendue au développement de filiales agricoles pour la production de biocarburants, impliquant des dizaines de milliers d’agriculteurs et créant de nouvelles opportunités d’emplois pour techniciens, agronomes et ingénieurs locaux.